La résistance s’organise : Pourquoi le 27.5″ refuse de mourir en 2026

Février 2026. Le constat est sans appel : le 29 pouces s’est emparé de 90 % du marché, tandis que le montage “Mullet” (29″ devant / 27.5″ derrière) finit de creuser son nid auprès des pilotes engagés. L’évolution est naturelle, et il en faut pour tous les goûts. Mais dans cette course au franchissement et à l’inertie, n’aurait-on pas un peu vite enterré les partisans du full 27.5 pouces ?

Pourquoi ce format est-il devenu une espèce en voie de disparition, alors que sur le terrain, de nombreux pilotes y reviennent après avoir goûté au 29″ ou au Mullet ? Entre nostalgie et pure efficacité dynamique, le 27.5″ fait de la résistance. Mais qui sont ces constructeurs qui osent encore proposer ce format en 2026, notamment sur le segment de l’endurigide ?

Ne tournons pas autour du pot : la physique est une science implacable que même le meilleur marketing ne peut occulter. À moyeu et jante identiques, une roue de 29 pouces possède des rayons plus longs, créant mécaniquement un levier plus important. Résultat ? Une souplesse latérale naturelle. Dans un appui de charogne ou une réception “crado”, ce petit flou artistique peut agacer ceux qui cherchent une précision absolue.

Pourtant, il faut rendre à César ce qui lui appartient : en 2026, les fabricants de roues ont fait des miracles. Grâce à des flasques de moyeux élargies, des tensions de rayons optimisées et des profils de jantes asymétriques, les roues de 29″ haut de gamme sont devenues diablement compétitives. Elles offrent aujourd’hui un ratio poids/rigidité qui aurait semblé impossible il y a dix ans, parvenant à lisser le terrain avec une efficacité redoutable sans pour autant se transformer en spaghettis.

Mais le feeling reste roi. Pour les pilotes agressifs ou les gabarits solides (et les retours terrain des “gros bras” sont unanimes), le 27.5 conserve cet avantage psychologique et physique d’un bloc compact. Là où le 29″ joue la carte de la tolérance et de la vitesse de passage, le 27.5 offre une réponse sèche et directe. Il ne pardonne rien, mais il récompense chaque trajectoire millimétrée par une nervosité que même la meilleure roue de 29″ peine à égaler.

En résumé : le 29″ est devenu une machine de guerre ultra-aboutie qui survole les débats, mais le 27.5 reste l’outil de prédilection de ceux qui préfèrent “visser” leur vélo au sol plutôt que de se laisser porter par lui.

L’ergonomie, c’est l’autre grand nerf de la guerre, surtout quand on réalise qu’en 2026, tout le monde n’est pas taillé comme un basketteur de la NBA. Sur un endurigide, quand vous plongez dans les pentes bien raides du Pleney, selle télescopique enfoncée au max, l’encombrement d’une roue de 29″ peut vite devenir envahissant.

C’est le fameux syndrome du “tire-fesse” : ce moment de grâce où, sur un mouvement de recul pour franchir une marche, votre pneu arrière décide de refaire la déco de votre tout nouveau pantalon Fox. Au-delà du style (et du prix du pantalon), c’est une vraie question de Stack.

Le 27.5, c’est la bouffée d’oxygène : il permet de garder un poste de pilotage bas et agressif. C’est l’arme fatale pour charger le train avant avec précision, sans avoir à se battre contre la hauteur du cintre pour garder du grip. En bref, on reprend le contrôle sans avoir besoin d’un escabeau.

Dans ce paysage de 2026, les marques britanniques jouent les derniers remparts, même si la réalité économique les force parfois à ranger l’idéalisme au placard. Prenons le cas de Cotic : Le mythique BFe, figure de proue de la marque, a lui aussi fini par succomber aux sirènes de la raison et du 29 pouces..

Aujourd’hui, il ne s’offre plus qu’en 29″ ou en montage Mullet. Cy Turner a fait ses comptes : une roue de 29″ devant pour ne pas s’arrêter net au moindre caillou, et du 27.5″ derrière pour garder des bases courtes et un vélo capable de “pivoter dans un mouchoir de poche”. C’est le compromis malin, une machine de guerre qui veut réconcilier tout le monde.

Mais pour les afficionados du 27.5, ce passage au Mullet, c’est un peu comme si votre groupe de rock préféré se mettait à l’électro : c’est efficace, ça remplit les salles, mais ça manque de quelque chose. Débusquer un 27.5″ natif aujourd’hui, c’est comme trouver un Pokémon légendaire. C’est rare, c’est précieux, et ça transforme n’importe quel sentier en terrain de jeu pour grand gamin survolté.

C’est ici que Stanton Bikes débarque pour remettre les points sur les « i » avec le Switchback. En 2026, ce cadre fait figure de résistant de la première heure. On ne parle pas ici d’un châssis « bricolé » pour accepter plusieurs tailles de roues : le Switchback est sculpté exclusivement autour du 27.5 pouces.

Forger cette bête en acier Reynolds 631, c’est l’assurance d’un « pop » monumental. C’est un outil de précision chirurgicale qui vous rappelle qu’un endurigide peut être aussi aérien qu’un vélo de dirt, tout en étant assez solide pour se taper les pistes rouges des 7 Laux sans finir en kit de survie. C’est le vélo de ceux qui préfèrent décoller sur chaque bosse plutôt que de les subir.

De son côté, Orange Bikes refuse de lâcher le morceau avec son mythique P7. En mariant l’acier Reynolds 525 à ces petites roues nerveuses, ils nous livrent une machine qui vit, qui vibre et qui demande clairement qu’on lui rentre dedans.

C’est bien plus qu’un vélo, c’est un acte de préservation de la culture du pilotage « à l’anglaise ». On parle de dévers boueux, de racines traîtres et de sentiers tortueux où l’agilité d’un cabri l’emporte sur la capacité d’un paquebot à tout écraser. Si vous cherchez un vélo qui a du répondant et qui vous fait remonter l’info du terrain directement dans les chevilles, le P7 est votre meilleur allié pour aller jardiner avec panache.

L’aluminium n’a pas dit son dernier mot et continue de distribuer des mandales avec des marques qui n’ont pas peur de froisser du métal.

Chez Ragley, on cultive l’esprit “hooligan”. Avec des modèles comme le Marley ou le Mmmbop, on est sur des vélos qui ne font aucun cadeau : c’est rigide, c’est nerveux, et c’est fait pour transformer la moindre racine en tremplin pour envoyer un gros whip.

Le Mmmbop en 27.5 reste, en 2026, le “cheap thrill” par excellence : une géométrie radicale pour ceux qui veulent s’envoyer en l’air sans vendre un rein. (Petit clin d’œil au Blue Pig qui, bien qu’il partage ce sang punk, préfère la noblesse de l’acier pour calmer les ardeurs du terrain).

À l’opposé, les Canadiens de chez Banshee jouent la carte de l’orfèvrerie. Si le Paradox (29″) est une dévoreuse de kilomètres, l’Enigma est son jumeau maléfique en 27.5. C’est le cadre rêvé pour les rescapés du BMX ou du 4X : un vélo qui répond à la micro-seconde et qui vous rappelle que dans “VTT”, il y a surtout “Vélo” et “Terrain”, pas seulement “Trajectoire rectiligne”.

Pour ceux qui considèrent qu’un vélo doit être aussi beau à regarder qu’efficace à rouler, le 27.5 s’est réfugié dans l’orfèvrerie pure. On quitte les usines pour entrer dans les ateliers où l’on parle de “brasage” et de “lignes de vie”.

Impossible d’ignorer Curtis Bikes et leur mythique AM7. Ici, on ne soude pas, on brase à la main avec une maestria qui donnerait des frissons à n’importe quel fondu de mécanique. Gary Woodhouse, le magicien derrière le chalumeau, le sait : un 29 pouces n’offrira jamais cette “flickability” (cette capacité jouissive à balancer le vélo d’un virage à l’autre) que les clients Curtis exigent. C’est de l’acier haut de gamme, une géométrie aux petits oignons, et surtout une âme que les robots n’apprendront jamais à copier.

Dans un genre beaucoup plus… disons, radical, BTR Fabrications propose avec le Belter une vision presque psychopathe du rigide. C’est un vélo de descente pure qui a oublié qu’il n’avait pas d’amortisseur. Le 27.5 est ici un choix de survie : plus compact, il offre une robustesse structurelle indispensable pour encaisser les contraintes de leurs angles de direction ultra-couchés. Le Belter ne roule pas sur le sentier, il l’intimide.

Et parce qu’on sait aussi y faire chez nous, la France réplique avec Curve Engineering et le Klonzo. Qu’il soit en titane pour le prestige ou en acier pour le “pop”, le Klonzo est un véritable scalpel alpin. C’est l’arme absolue pour les épingles serrées de nos massifs, là où un 29 pouces se manœuvre parfois avec l’agilité d’un porte-avions dans un parking souterrain.

Pour boucler la boucle, impossible de passer à côté de l’ascension fulgurante de Marino Bikes. En 2026, la marque péruvienne est devenue le “plan secret” le mieux gardé (et le plus partagé) de la communauté. Ils ont pigé un truc très simple : pendant que les géants du secteur jetaient le 27.5 aux oubliettes, ils laissaient derrière eux une armée de riders orphelins.

La recette de Marino ? Du sur-mesure en acier à un prix qui donne l’impression d’avoir hacké le système. Ici, vous êtes le chef de cuisine. Vous voulez un boîtier de pédalier qui racle le sol pour compenser la vivacité du 27.5 ? Un angle de chasse radical de 62° pour transformer votre rigide en char d’assaut ? Un reach de paquebot sur un cadre XS ? Tout est possible.

On voit débarquer sur les sentiers des machines totalement lunaires, des spécimens uniques que vous ne trouverez jamais dans un catalogue de grande série. C’est la preuve ultime que le 27.5 n’a pas rendu l’âme : il a juste quitté les rayons des supermarchés du vélo pour devenir le refuge des passionnés avertis et des geeks de la géométrie.

La Géométrie : La sauce secrète qui fait (ou défait) le spad

Si vous croyez encore qu’il suffit de coller des petites roues pour transformer un tracteur en libellule, vous faites fausse route. En 2026, la géométrie, c’est le cerveau du vélo. C’est elle qui décide si vous allez piloter un scalpel ou un paquebot de croisière. La taille des roues, c’est le moteur ; la géo, c’est le châssis de course.

C’est là que le 27.5″ sort les muscles. Comme la roue est plus compacte, les ingénieurs peuvent raccourcir les bases arrière de manière indécente (on descend sous les 415 mm chez les énervés de chez Marino ou Stanton). L’effet ? Un vélo qui a la bougeotte.

Un coup de pédale un peu sec, et le vélo se lève sur la roue arrière comme s’il voulait saluer les oiseaux. En virage, c’est une tuerie : l’arrière suit l’avant avec une loyauté absolue. Sur un 29″, à moins d’avoir des bases magiques, on a souvent l’impression de traîner une remorque dans les épingles serrées. Le 27.5″, lui, c’est le roi du “pif-paf”.

C’est le secret de Polichinelle des fans de Mullet et de 27.5″. Avec des roues plus petites, on peut littéralement poser le boîtier de pédalier au ras des pâquerettes (le fameux BB Drop). Résultat : votre centre de gravité descend d’un étage. Vous n’êtes plus “posé” sur le vélo, vous êtes ancré dedans.

Cette sensation de sécurité quand vous jetez le vélo dans une courbe à Mach 2 est addictive. Sur un 29″, si vous descendez trop bas, vos pédales vont labourer le terrain plus efficacement qu’un tracteur John Deere. En 27.5″, on peut frôler le sol sans finir en catapulte humaine au premier caillou.

Aujourd’hui, on voit des rigides avec des angles de direction à 63.5° comme le Banshee Enigma, soit plus couchés que les vélos de DH de vos grands frères. Sur un 27.5″, c’est vital. Comme la petite roue a tendance à vouloir “buter” un peu plus dans les trous que la 29″, on lui donne un angle de chasse de psychopathe pour qu’elle puisse attaquer la pente sans broncher.

On obtient alors le Graal : un vélo qui reste stable quand ça tabasse à mort, mais qui garde une direction légère comme une plume dès qu’il faut slalomer entre les sapins. C’est avoir le beurre, l’argent du beurre, et le droit de chambrer les potes qui galèrent en 29″

Mon expérience personnelle sur le terrain confirme ces théories de laboratoire. J’ai longtemps poncé les sentiers en 29 pouces au guidon de mon Off 7, et je ne vais pas mentir : j’adore cette sensation de “force tranquille”. C’est le rouleau compresseur par excellence, le genre de spad qui vous rassure et garde la vitesse dans le défoncé quand vos jambes commencent à crier grâce.

Pourtant, j’ai passé trois mois à maltraiter un Ragley en 27.5, et ça a été une véritable cure de jouvence. J’ai redécouvert des sensations que j’avais presque oubliées : le placement au millimètre, le plaisir jouissif de “visser” le vélo au sol dans un virage relevé et d’en ressortir avec une explosion de vitesse. C’est nerveux, c’est vivant, et ça vous redonne instantanément le sourire.

Et puis, j’ai fini par pécher… Je suis passé du côté obscur de la force en testant le format Mullet sur un Transition Patrol (oui, avec un amortisseur, je sais, ne me jetez pas de pierres). Résultat ? J’ai adoré. C’est le mix improbable mais génial : une direction qui survole les obstacles avec l’autorité d’un patron, et un train arrière qui suit avec une fougue et une envie de jouer qu’on ne retrouvera jamais sur un 29 pouces intégral.

Au final, je pense que le débat entre le 27.5, le 29 et le Mullet n’aura jamais de vainqueur par K.O., et honnêtement, c’est la meilleure nouvelle de l’année. En 2026, on a enfin enterré l’idée d’un format unique imposé par les tableurs Excel de l’industrie.

Le 29 pouces a gagné ses galons sur le front de la performance brute et du confort royal. C’est l’outil ultime pour borner, rouler vite et garder une marge de sécurité quand le terrain décide de vous rendre la vie dure. C’est le tapis volant qui transforme les pierriers en tapis de salon. Mais la survie du 27.5 prouve une chose essentielle : l’efficacité n’est pas l’unique carburant du plaisir. Il est devenu le format “signature”, celui des techniciens, des acharnés du bike-park et de ceux pour qui un vélo doit être une extension nerveuse du corps plutôt qu’un rail de TGV.

L’endurigide vit une seconde jeunesse grâce à cette richesse. Que vous soyez au guidon d’un Orange P7 pour la fougue, d’un Cotic pour l’efficacité hybride, ou d’un Curtis pour l’orfèvrerie, l’essentiel reste cette connexion brutale, sincère et sans filtre avec le sentier. À mon humble avis, la petite roue ne crevera pas. Pourquoi ? Parce que tant qu’il restera des riders pour préférer un virage pris en travers à une ligne droite chronométrée, on aura besoin de bécanes capables de pivoter dans un mouchoir de poche.

Soyons honnêtes : chaque format est “joueur” à sa manière, tout dépend de votre définition du fun. Le pilote de 29″ y trouve son compte dans la vitesse et le flow, mais repasser sur un 27.5, c’est retrouver ce shot d’adrénaline pure que le bon vieux 26 pouces nous balançait à l’époque. Quant aux adeptes du Mullet, ils ont trouvé leur “Saint Graal” en mixant le meilleur des deux mondes.

Pour conclure, il n’y a pas de bon ou de mauvais format. Il n’y a que des sourires sous le casque et de la boue sur les dents. La vraie réponse à toutes nos interrogations, elle est là : tant que vous vous éclatez à en perdre la raison au guidon de votre monture, peu importe la taille du cercle, vous avez tout compris.

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Crédits photos: Orange bike, Curtis bike, BTR Fabrications,Ragley bike, Stanton bike, Banshee bike,Marino bike, Cotic bike

Salut rider passionné,

Bienvenue sur Singletracks-MTB, ton nouvel allié pour tout ce qui touche a l'endurigide! Si tu veux améliorer ton confort, ta maîtrise et ton plaisir sur les sentiers, j’ai une super nouvelle pour toi. J’ai préparé un eBook exclusif pour t'aider à régler ta fourche comme un pro, même si tu débutes. Parce qu’un bon réglage, c’est la clé pour transformer un simple ride en une expérience fluide et mémorable.

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max

Pilote d'endurigide par conviction et rider gravity par passion. Je crois fermement que la meilleure suspension, c’est celle que l’on a dans les jambes. Fondateur de singletracks-mtb, je décortique le monde du VTT avec un œil d'expert et une bonne dose d'adrénaline. Bienvenue dans mon univers où ça roule fort, ça saute un peu, et ça rigole beaucoup !

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